Mes Très Chers et Bien-aimés Frères,
Depuis que notre BAF Serge a ouvert le blog de Saint Hubert, force est de constater que nous ne l’utilisons pas de la bonne manière.
Dans mon esprit, ce blog a essentiellement pour fonction de développer des échanges entre nous. Il ne se vaut pas une collection d’articles qu’il suffirait de lire chacun dans notre coin à nos heures perdues et qui serait une sorte de bibliothèque poussiéreuse dont nous n’avons pas envie de pousser la porte.
Aussi je vous propose de mettre en place (pour ceux qui le désirent évidemment), à partir d’aujourd’hui, un atelier collaboratif où chacun s’engagerait à publier (au moins une fois par mois) un article ayant pour thème “la vie maçonnique au quotidien” et qui consisterait à exposer à travers la relation d’une expérience, une réflexion ou un questionnement, la manière dont chacun vit son expérience de maçon en dehors des Tenues mensuelles obligatoires. Cela pourra être très bref ou un peu plus élaboré, mais ce que j’aimerais, c’est que ces textes publiés par chacun donnent lieu à des réactions sur le site ou au cours de déjeuners que nous pourrions envisager en dehors pour nous rencontrer périodiquement.
Alors comme il faut bien montrer l’exemple, je publie ce jour un petit texte que je livre à votre réflexion et qui j’espère suscitera quelques réactions et discussions. Le voici, en écho à la séance d’Instruction menée samedi dernier par notre BAF Sébastien et qui avait pour thème La Fraternité (Mes Frères Apprentis, vous aurez certainement des choses à nous dire sur ce point… n’est-ce pas ?)
“Du bon usage de la fraternité”:
La Fraternité est une exigence qu’il nous est donnée de cultiver comme nous cultivons notre jardin. Si nous laissons ce dernier à l’abandon, envahi par les mauvaises herbes et les parasites de toutes sortes, il finira par devenir un terrain vague inhabitable. Si au contraire nous en prenons soin, il sera ce lieu de délices où poussent les fleurs les plus parfumées et les herbes aromatiques les plus rares. Telle est la Fraternité : si nous ne l’habitons pas, si nous ne désirons pas la faire vivre en l’éprouvant au contact de l’autre, elle se gâtera et finira par pourrir.
Méfions-nous donc quand nous affirmons quelquefois un peu mécaniquement : “Mes Frères je vous aime”. Méfions-nous de notre besoin d’amour : il peut éloigner de soi alors même que l’on croit s’en rapprocher. Nous sommes prêts à tout sacrifier, jusqu’à nous-mêmes, tant nous n’avons plus pour nous-mêmes de réelle importance. Ne donnons pas notre âme au diable, n’offrons pas notre coeur à qui n’a rien à nous offrir et ne laissons pas notre esprit errer dans un monde de chimères. Discernons qui nous aime : si l’autre nous aime, il nous mène toujours plus haut que nous-mêmes. Il n’est pas là pour nous faire descendre dans les enfers du désespoir ni nous mener dans des abîmes de tristesse. N’oublions jamais qu’il vaut mieux être seul, comme on dit, que mal accompagné, et que si nous sommes malheureux, c’est que n’avons pas su respecter nos engagements ; avant tout, ceux que nous avons pris envers nous-mêmes. Nous n’avons pas su nous écouter.
Écouter cette voix amie qui n’est autre que cette part de nous “bienveillante” : qui nous veut du bien et veille sur nous. Cette voix qui nous guide, nous inspire, nous accompagne sur le chemin, à chaque instant de notre vie. Si nous savons y prêter attention. Laissons-lui le loisir de s’exprimer et le champ libre pour se faire entendre, loin du brouhaha de nos plaintes et de nos craintes inutiles. Apprenons à lui faire confiance, à nous faire confiance : à écouter en nous le meilleur de nous-mêmes.
J’ai dit,
Guy

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