Travail d’augmentation de salaire présenté en 2007
Très Vénérable et vous tous mes FF en vos grades et qualités.
Mon Morceau d’architecture s’intitule « Mes FF. me reconnaissent comme tels ». C’est l’objet de ma demande d’augmentation de salaire.
Ce sujet m’ayant octroyé beaucoup de questions, j’ai tenté d’y répondre mais je crains de n’avoir put trouver toutes les réponses. Peut être, qu’à votre tour, ce morceau vous occasionnera quelques réponses, ou quelques questions.
Nous venons d’ouvrir nos travaux au 2° grade et je vous demande déjà de redescendre au 1°.
« Mes FF. me reconnaissent comme tels ». C’est la réponse de notre 1° Surveillant à la première question de notre Vénérable Maître lors de l’ouverture des travaux au premier grade.
C’est donc la première pierre de notre édifice. Celle qui ouvre nos travaux et qui confirme, en quelque sorte, le tuilage réalisé pour nous permettre d’être introduit dans notre temple.
Mais revenons au cœur du sujet. Voilà une bien singulière réponse pour un Maître (Frère). Après tout, la question n’est elle pas « êtes vous Maçon ? »
La logique voudrait que la réponse soit « Oui très Vénérable »……….
Nous avons tous ici été initié et, pour mémoire, c’est bien le Vénérable qui a demandé à tous les FF. de nous reconnaître comme un nouveau F.
Et pourtant la réponse n’est pas celle-ci.
Pourrait il y avoir un problème particulier avec la définition même d’un maçon ou sa reconnaissance selon les grades ?
Selon l’instruction au premier grade ; le maçon, je cite,« est un homme libre, également ami du pauvre et du riche s’ils sont vertueux ».
Cette définition est limpide si t’en est qu’il n’y est qu’un seul type de maçon et l’instruction au grade de Compagnon ne semble pas aller dans ce sens.
Au deuxième grade, il est question de deux sortes de maçons : « les uns de théorie et les autres de pratique » que nous pouvons différencier par leurs travaux. Difficile dans ces conditions de se situer mais j’en reparlerais dans quelques instants.
Dans chacun de ces grades, nous apprenons également comment les reconnaître : à des signes, paroles et attouchements. Et j’y reviendrais également….
Il semble donc relativement compliqué de définir grammaticalement ce qu’est un maçon.
Notre initiation nous ayant permis d’être reconnu et selon les termes mêmes de la réponse de notre 1° surveillant, il y a forcement autre chose qui doit avoir un rapport avec vous tous mes FF.
Est il possible que nous n’ayons pas la capacité de nous prévaloir de cette qualité ? que nous devions nous en remettre à notre Fraternité pour confirmer ou infirmer notre état ?
D’ailleurs, quand on observe le système de béatification de l’église catholique, on peut y voir un certain parallèle puisque ce sont les autres qui reconnaissent un homme ou une femme comme tels.
A ce titre, il est vrai que si nous ne sommes pas même capable de nous comporter en Frère entre nous, comment pourrions nous nous prévaloir de cette qualité. Chacun d’entre nous doit savoir s’en remettre au regard de l’autre pour s’assurer que l’on agit en conformité avec la Règle. Chacun doit chercher sans relâche à parfaire son comportement et son attitude, selon ses croyances propres, pour se montrer digne de la reconnaissance de nos FF.
De mon coté, mon parcours initiatique m’a déjà permis d’avancer sur le chemin de la perception de la Vérité. J’ai, au cours de ce chemin, découvert quelques réponses grâce à la pratique de notre rituel, aux morceaux d’architectures de nos FF. mais aussi à l’aide des minutes de nos officiers. Ces quelques avancées ne doivent pas me faire et nous faire oublier que c’est un travail de tous les jours et que souvent la moindre petite expérience peut être très révélatrice.
Ces réponses m’ont, pour la plupart, permis de mieux me connaître en parfaite cohérence avec la Gnose initiatique et avec la formule chère à Socrate « Connais toi toi-même ».
En complément de ce parcours très personnel, cette première réponse rituelle démontre la justesse de cette démarche :
Mieux se connaître, corriger ses défauts, s’améliorer et s’en remettre à mes FF. pour confirmer (ou valider) la réalité de mon état.
Cette marque d’humilité doit nous inciter à continuer notre démarche intérieure pour parfaire notre pierre brute. Après tout, ne sommes nous pas venus chercher et n’avons-nous pas commencer à trouver. La persévérance doit nous guider.
Persévérons donc dans la clarification de cette réponse. Il était question, au début de mon exposé de signes, paroles et attouchements qui sont, selon les propres termes de notre Vénérable ; des moyens de reconnaissance. Ces éléments sont, au premier grade, accompagnés d’un autre ensemble indiquant la bonne façon de faire : « par équerre, niveau et perpendiculaire ».
La perpendiculaire qui symbolise le chemin initiatique entamé par l’Apprenti pour travailler la pierre brute. Par le biais d’un aller retour ininterrompu entre le haut et le bas.
Le niveau qui indique au Compagnon la route à suivre pour s’ouvrir au monde et découvrir les sept arts libéraux (Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique et Astronomie) évoqués durant le passage et qui sont les thèmes de perfectionnement à étudier pour parfaire les connaissances de l’Apprenti. Comme l’indiquait Vitruve, ces éléments sont constitutifs de l’Architecture qui est une science qui s’acquiert par la pratique et la théorie. Rappel limpide à l’instruction du deuxième grade comme je l’évoquais un peu plus tôt.
Et enfin, l’équerre qui est l’addition des deux premiers si l’on sait être un bon géomètre.
Quant aux signes, paroles et attouchements, ils sont au nombre de 5 au deuxième grade. Le vocal pour donner la parole, le guttural pour donner le signe d’Apprenti, le Pectoral pour donner le signe de Compagnon, le Manuel pour donner l’attouchement et le Pédestre pour exécuter la marche des deux.
Ces éléments forment la Musique de notre rituel mais si la musique est bonne, cela veut il dire que la Fraternité est constituée ?
En clair, sommes nous assuré que la parfaite connaissance de ses signes, de leurs applications strictes nous ouvre sereinement les portes de ce temple qui est le réceptacle de notre Fraternité.
Il est sur que si nous faisions ainsi preuve d’une telle arrogance, nous ne pourrions qu’être amèrement déçu car ; immanquablement, cette Fraternité ne serait qu’un rassemblement d’ « Ayatollahs », pour reprendre un terme cher à notre F. Orateur, qui pourraient se complaire, seulement, à la plus stricte application du rituel sans y adjoindre une âme.
Et c’est bien là que la réponse de notre premier surveillant prends toute son importance.
Alors que nous sommes tous différents par nos âges, nos parcours, nos attentes vis-à-vis de la Maçonnerie ou bien tout simplement par nos qualités, nos défauts ou nos inquiétudes personnelles, ce sont ces différences qui nous enrichissent, qui nous rendent plus forts et qui génèrent cette vrai Fraternité, cette âme indispensable à la communion des esprits et à la chaleur de notre rite.
Ce n’est pas autour de notre plus petit dénominateur commun à nous tous que nous nous rassemblons mais bien par rapport à des objectifs beaucoup plus ambitieux. S’améliorer et aider les autres dans leurs cheminements.
C’est en ne perdant pas de vue ces objectifs et en continuant notre propre chemin que nous serons les plus profitables pour notre Fraternité et qu’ainsi nos FF. pourront sereinement nous reconnaître comme tels.
J’ai dit VM.

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