Vénérable Maître,
Et vous tous mes Frères en vos grades et qualités.


Le morceau d’architecture que je vais vous présenter ce soir s’intitule « De la pierre brute à la pierre polie »

Devant ma feuille blanche, je voulais aborder le cheminement de la pierre brute à la pierre polie par des approches de géométrie, de solides parfaits à atteindre mais autant était petit le pas que je venais de faire autant était abyssale le champ de connaissances à acquérir.
Long sera mon périple vers ma pierre polie et sur la citation du sage Lao Tseu « Un voyage de mille milles commence par le premier pas », je vous livre mon premier pas.
Les premières tenues me paraissaient incompréhensibles et apportaient son lot de doutes et de méfiance. Jusqu’au jour où je me suis mis en tête que les symboles devant mes yeux devaient être combinés pour révéler quelque chose puisque que l’on nous disait tout est sous nos yeux et dans le rituel. C’est à ce moment, que je me suis mieux interrogé sur le symbolisme des outils d’apprenti ; à savoir le ciseau et le maillet.
L’union de ces 2 outils, l’un actif et l’autre inactif, en fait une combinaison efficace pour tailler. Je comprends que le maillet représente la force et le cadencement de la volonté de celui qui le possède en main. Tout comme la volonté éclairée du Vénérable Maître, aidé de ses 2 surveillants, qui cadencent une tenue avec un minimum de 47 coups.
Le ciseau représente le jugement, discernement des détails et des aspérités de la pierre. Il transmet la force de la volonté pour façonner la pierre. Ainsi l’association de la force et de la volonté mène à une perfection : Force, Sagesse et Beauté.
Sur exemple des maîtres, je dois tailler ma pierre mais avec les outils d’apprenti. Alors vient à moi les questions qui me taraudent : quelle forme dois-je donner à ma pierre, à quel moment serait-elle parfaite ? Puis-je prendre exemple sur un de mes frères ? Dois-je entrer dans un « moule maçonnique » pour y parvenir ? À ces questions, je n’ai pas de réponses immédiates.
Je ne saisissais pas toute l’importance des conseils que l’on me prodiguait pour découvrir mon propre chemin, ma propre voie pour découvrir ma pierre. Alors j’entrepris de lire tout ce que je pouvais : des morceaux d’architecture de tout niveau en passant par des synopsis de la Kabbale, de l’Alchimie ; de l’histoire d’Hiram Abif et j’en passe. J’avais accumulé des connaissances mais rien de révélé.
C’est alors que le morceau d’architecture libre avec mes frères Alain et Pascal m’éclaira sur ce qui semble être mon chemin. A leur coté j’ai mieux appris la valeur du silence pour mieux écouter autrui et
ainsi essayer de tenir à l’écart mon Ego qui par nature se croit au centre du monde. Ce silence m’a permis de m’interroger sur moi-même, sur la personne que j’étais devenue depuis ma naissance profane, sur mes rôles d’apparence, sur mon passé peu éclairé. Ce silence m’a aidé à déceler, à cerner la forme singulière de la pierre brute, de la pierre primaire que j’étais.
J’ai pris conscience qu’il fallait que j’accepte et admette dans un premier temps mon Ego tel qu’il était, avec ses zones d’ombre et de lumière. Le plus dur a été de réellement admettre mes défauts et de ne plus les fuir en me rendant aveugle par différents prétextes : indulgence, orgueil, ou manque d’humilité. Cet état de départ me fit comprendre que ma vie de profane avait mis beaucoup d’obstacles, de paravents qui m’ont détournés de ma pierre et que le travail maçonnique pouvait et devait commencer.
Mais comment tailler ?
Une phrase de Siddhârta (plus connu sous le nom de Bouddha) me montra un chemin. Siddhârta découvrir le chemin de l’éveil par analogie avec un instrument de musique, « Une corde trop tendu casse, une corde pas assez tendu ne sonne pas ». Il comprit que les extrêmes n’apportaient rien à la connaissance de Soi mais qu’il fallait suivre la voie du milieu, ni d’un coté ni de l’autre mais au-dessus.
Pour nous Francs-maçons nous devons poursuivre cette voie avec Force, Sagesse et Beauté. Ces trois lumières m’ont accompagnées durant ces mois pour essayer mais convaincu qu’il faille vaincre mes passions de profane, soumettre ma volonté à la découverte de ma pierre cachée.
Je suis donc revenu au ciseau et au maillet pour tailler ma pierre brute pour me rendre compte qu’à force d’application et de constance dans la taille j’allais atteindre, selon mon temps maçonnique, un état simple gommé des aspérités du monde profane, un état sans préjugés, sans dogme, un état de stabilité, d’équilibre représenté par la pierre polie.
Ceci dit, à quoi cela va-t-il me servir d’avoir une pierre taillée parfaitement ? Que devrais-je faire de cette pierre polie ? A quoi vais-je servir ?
Cet état poli n’est autre que le Soi, ce lien entre l’Homme et le GADLU. Quand il me sera révélé alors je tendrai vers GADLU, unique tout comme je le suis, à son image. Tous mes frères font ou feront de même et donc seront aussi à l’image du GADLU. Ainsi, le Tout n’est qu’Un et l’Un n’est que le Tout.
Je comprends que le reflet du GADLU qui est en nous, fait de chacun de nous un référentiel qui pourra aider les autres frères dans leur quête mais que « Le » référentiel divin nous placera tous pour construire l’édifice.5
Pour conclure, je souhaite vous dire à tous mes frères ma grande gratitude dans votre persévérance à polir votre pierre car vous me permettez de déceler le GADLU qui est en vous et j’espère être digne de vous pour que vous puissiez faire de même.
Mais le plus important pour moi est de vous dire que je vous aime doublement, pour vous et pour le GADLU.
J’ai dit, Vénérable Maître.

Tags:

2 Responses

  1. Bonjour mes BBAAFF,

    Comme discuté lors du banquet du 05/10/2023, je partage avec vous mon travail d’apprenti que j’avais présenté pour augmentation de salaire !
    D’autres sont à venir
    Bises

  2. Un joli travail d’augmentation de salaire, je me revois encore t’écoutant le présenter.
    Ta pierre brute s’est bien polie même si, comme pour nous tous, ce travail est sans fin.
    L’essentiel étant de ne pas tenter de copier mais d’être soi même et d’arriver à parfaire cette pierre unique qui est dans nos cœurs.
    À charge du GADLU de la positionner au mieux dans le temple universel.
    J’ai dit.
    Serge

Laisser un commentaire