Travail à 3 voix présenté en 2006 avec les FF Bertrand Viltard et Christian Rissel. Chaque lecteur est identifié en début de passage.
Vénérable Maître et vous tous nos Frères en vos grades et qualités.
LIBERTÉ EGALITE FRATERNITÉ
SERGE :
Cette devise, pierre angulaire de notre démocratie, fut adoptée par la 2e République.
L’article premier de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 indique :
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.
Tout est dit !
CHRISTIAN :
Le mot Fraternité placé en dernier met en valeur les deux premiers.
Tiens, la grammaire passe son message
Liberté, Egalité et Fraternité sont des mots féminins qui unissent les hommes.
BERTRAND :
La Liberté est l’État de l’homme qui se gouverne selon sa raison, en l’absence de tout déterminisme. Comme nous l’avons vécu lors de notre initiation en nous présentant comme des hommes libres.
CHRISTIAN :
L’Egalité représente le rapport entre individus, citoyens égaux en droits et soumis aux mêmes obligations. L’uniformité véhicule l’idée d’égalité. En loge, l’uniformité de nos tenues et l’application des rites nous place sur un même pied d’égalité. Les bijoux de certains les gardent plus égaux ? Ahhh Oui, confusion entre grades et fonctions.
SERGE :
La Fraternité est un lien de solidarité, d’amitié et de confiance entre des êtres humains, membres libres et égaux d’une même société. Bossuet disait : ” Dieu a établi la fraternité des hommes en les faisant naître d’un seul “. Nous autres, libres initiés avons eu l’occasion de renaître parmi nos frères.
CHRISTIAN :
Incomplets séparément ou pris 2 à 2. Les 3 valeurs sont nécessaires pour que la communauté se stabilise. Comme en physique, par 3 points passe un plan et un seul, un tabouret à 3 pieds est toujours stable. Ces 3 principes garantissent la stabilité d’une communauté.
Que seraient Liberté et Egalité sans Fraternité?
SERGE :
La Fraternité n’a de sens que si ce symbole s’adjoint des préceptes de vie et d’amour qui sont parfaitement compris et mis en œuvre grâce à la liberté et à l’égalité.
BERTRAND :
La liberté réelle est inaliénable : l’homme la porte en lui-même.
C’est aussi la possibilité de penser, de s’exprimer selon ses propres choix.
La liberté des uns s’exercerait au détriment des autres si le principe d’égalité ne lui était adjoint, la Fraternité est la garante du respect de cette limite cooptée.
Sommes-nous, pour autant, maître de notre destin ? de notre propre liberté ?
L’homme libre peut-il agir selon son bon plaisir ? Certainement pas puisqu’il est alors captif de son plaisir. Prisonnier de ses passions, de ses idées préconçues, devenu dépendant, il perd sa liberté.
La véritable liberté n’est pas sociale car elle manque d’objectivité. Elle existe si peu en réalité qu’on la diversifie, on la catégorise. On évoque alors la liberté de la presse, du culte, de circulation des hommes, de la liberté d’opinion, de la libération de la femme. C’est pourquoi le franc-maçon est, et doit être un homme libre. Il doit par son travail intérieur, par sa recherche constante s’affranchir de ses passions, de ses désirs, de ses ambitions et de l’étroitesse de ses préjugés.
La liberté, c’est se libérer des chaînes de nos habitudes, il faut la chercher à travers les symboles. Notamment par celui de la perpendiculaire.
Contrairement au monde profane ou bien souvent la liberté de l’un est exercée fréquemment au préjudice de la liberté de l’autre, en F. M. l’initié se nourrit de la liberté de l’autre.
L’homme est-il maître de son destin ? L’homme parvenu à cette libération de l’esprit, de l’âme, devrait être à même de savoir ce qui lui arrive et pourquoi cela ce produit. Si certaines difficultés nous sont imposées, c’est certainement parce que nous ne sommes pas là où nous devrions être, que nous ne faisons pas ce que nous devrions faire. En prendre conscience et en comprendre le sens fait élever l’homme vers la lumière, la Vérité. Alors il est un homme libre.
Mais chacun reste libre de faire ou ne pas faire telle ou telle chose.
CHRISTIAN :
Le libre-arbitre c’est aussi l’expression de l’Egalité qui se situe dans la liberté des choix possibles. Mais cela n’implique pas pour autant que les chances de réussite soient identiques.
Tous les hommes de condition, statut et mode de vie différents ont un point commun, ce sont des êtres humains. Cependant seules la naissance et la mort les réunit et c’est là qu’ils retrouvent l’égalité. Vivants, c’est parce qu’ils ont les mêmes droits qu’ils sont égaux.
L’égalité n’est donc pas innée, elle n’existe pas dans la nature, contrairement à la liberté réelle inaliénable que l’homme porte en lui-même, l’égalité peut être de toute autre nature.
L’égalité passe par le respect de l’autre parce qu’il est notre égal, parce que nous nous comportons avec lui comme nous voudrions qu’il se comportât avec nous.
Pour assurer le maintien de cette égalité reconstruite, librement consentie, chacun doit y mettre du sien, procéder par introspection.
« Fais pour les autres ce que tu voudrais qu’ils fissent pour toi, mais ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fût fait. ». C’est un postulat qui permet le départ de ces réflexions.
Le premier symbole d’égalité que vit le Franc Maçon, c’est le jour de son initiation lorsqu’il pénètre en loge, ni nu, ni vêtu. Il est à l’état d’innocence. Sa position dans le monde profane ne fait rien à l’affaire.
Dans égalité il y a : égale, uni, de niveau, qui s’applique à tous dans les mêmes conditions.
Le niveau est donc le symbole qui exprime le mieux l’égalité. L’égalité de considération, de droit, de respect et de statut. En effet, le statut social disparaît, le riche ou le pauvre, le grand ou le petit à droit au même respect et à la même considération. Son opinion est respectée et respectable. Ils sont égaux dans leurs droits mais aussi dans leurs devoirs respectifs de l’un envers l’autre.
La Maçonnerie est le moyen de concilier
Cette égalité construite, car elle n’est pas dans la nature même des choses, cette égalité librement consentie, qui permet à l’autre de se grandir dans le respect mutuel, ne peut être garanti, préservée que par la volonté de chacun d’entre nous à la faire vivre en allant au plus profond de soi-même pour y trouver ce qu’il y a de meilleur et de le transcender.
L’humanité tout entière à un besoin crucial de cette égalité, pour qu’elle soit enfin libérée de tous les dogmes, quels qu’ils soient (politiques, économiques, financiers, religieux…) afin qu’elle trouve enfin un équilibre, une stabilité dans une fraternité universelle enfin trouvée. C’est alors que la Franc Maçonnerie prend tout son sens, toute sa force, toute sa nécessité, car elle en a les moyens à travers tous les frères qui la composent.
SERGE :
Coté profane pourquoi on ne l’a comprend, pourquoi elle n’est pas partagé dans le monde profane.
C’est l’amour fraternel qui permet à chacun d’être tantôt responsable, tantôt tributaire de cette égalité.
La Fraternité c’est la voie de l’amour qui implique respect, tolérance et humilité. Elle ne s’exprime pas seulement en loge, elle doit être de tous les instants, elle doit vivre et rayonner.
Cette fraternité qui est à la fois un droit mais aussi un devoir pour tous les maçons est avant tout le ciment qui unit les pierres que nous sommes entre elles dans le temple que nous construisons jour après jour. C’est avant tout prendre la main de nos F maçons lorsqu’ils sont égarés, et les aider retrouver leur chemin.
La Fraternité c’est l’âme qui s’éclaire et qui rejaillit sur la communauté des Hommes.
Ne fait pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te fasse, nous indique la voie des vertus. C’est le respect de la liberté d’autrui et de sa propre liberté qui nous conduisent à cette égalité de considération pour tous les hommes dans une fraternité de tous les instants car elle vient du cœur. La fraternité permet à l’homme de s’affranchir de la méfiance et de l’incompréhension. La fraternité, c’est tendre la main, c’est être attentif à l’autre pour le soutenir dans l’épreuve, pour l’aider à se relever ou à se reconstruire.
La Fraternité c’est la dimension active du triptyque qui encourage à donner pour recevoir et ainsi tisser des liens serrés entre nous. Elle doit nous inciter à participer activement et de façon assidue aux tenues. C’est ainsi reconnaître l’autre comme apte à devenir notre frère dans la joie ou dans l’adversité en dépassant les préjugés et les apparences.
Inversons la définition initiale, la fraternité qui nous relie et nous fait se réunir une fois par mois, ne peut être vécu qu’à la condition que chacun de nous est accepté tel qu’il est avec son chemin à tracer. Cette égalité affirmé ouvre naturellement la route, elle est le premier pas vers un horizon qu’il nous faut découvrir à la condition que notre liberté, notre juge arbitre entre en œuvre. Nous sommes ici parce que nous avons fait le choix de faire ce premier pas, il n’engageait que nous et ce pas librement consenti ne peut être suivi que par d’autres pas eux aussi librement accepté. Nous voyons donc que la Fraternité que nous vivons lors de chacune de nos tenues lors de la chaîne d’union est le ciment de notre engagement.
La corde est le symbole le plus représentatif de ce que nous sommes et ce que nous représentons, Chacun de nos Frères est un brin de la corde qui nous relie fermement dans la Maçonnerie et qui doit s’étendre à l’Humanité toute entière. La force de la chaîne d’union qui est la représentation active de cette corde, l’importance des mots prononcés par notre Vénérable prennent toutes leurs signification dans ce triptyque. « Mes Frères, n’oublions jamais que l’amour fraternel est la base, la pierre angulaire, le ciment et la gloire de notre ancienne confrérie. Que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains, que l’Amour fraternel unisse tous les maillons de cette chaîne formé librement par nous jusqu’à Avenir……….. »
CHRISTIAN :
Notre engagement fut aussi marqué par la présence de ces trois principes lors de notre initiation. Lorsque nous avons prêté serment de notre libre volonté nous avons compris la Fraternité n’était pas qu’un vain mot mais qu’elle devait, tous les jours, être mis en œuvre. Enfin, notre initiation fut « égale » dans le sens où chacun a vécu, avec ses propres sentiments, un même rite initiatique. Notre rite.
BERTRAND :
La Liberté c’est le fil à plomb qui permet de s’évader de la première dimension.
CHRISTIAN :
L’Egalité c’est le niveau qui permet de déterminer la réalité des pierres que nous sommes.
SERGE :
La Fraternité c’est la corde que nous devons être.
(Serge)La Fraternité que nous mettons en œuvre (Bertrand) en toute Liberté (Christian) et sur le même pied d’Egalité (Serge) est le but ultime de notre engagement.
Nous avons dit

No responses yet